Penser a priori l'étranger comme un délinquant est l'une des plus solides structurations des imaginaires qui favorise les comportements racistes. Déjà présent durant l'Antiquité et au Moyen Age, ce préjugé n'a cessé de s'adapter aux réalités historiques, faisant de l'Autre un danger potentiel. Au début du XXIe siècle, ce préjugé se diffuse autour de deux catégories de populations : d'une part les "clandestins", d'autre part les jeunes issus de l'immigration vivant dans les banlieues pauvres françaises; qui ne cessent d'alimenter la chronique de l'insécurité.; Après avoir analysé le préjugé renouvelé après 1945 qui fait de l'étranger, notamment des Algériens, un "agent d'insécurité", l'auteur étudie le sentiment d'insécurité en tant qu'élément de la crise identitaire en France pour constater enfin que ce préjugé est de plus en plus partagé par l'opinion publique et les médias, les jeunes issus de l'immigration étant les nouvelles cibles.
...Dans ce livre, une vingtaine de sociologues, d'ethnologues et d'historiens font le point des connaissances sur ces fameuses bandes de jeunes, depuis l'époque des « blousons noirs » jusqu'à nos jours, en France mais aussi dans d'autres pays et continents. Ils s'interrogent sur la genèse des bandes, sur leur nature exacte, sur leurs relations avec diverses formes de délinquance, sur la façon dont les institutions affrontent ce « problème », ainsi que sur sa construction médiatique et politique. (Extrait de la quatrième de couverture).
Les mots et les notions déployés par le discours politique "républicain" autour de l'immigration sont piégés. Les analyses présentées démontrent les mécanismes et les discours qui conduisent à stigmatiser, voire à incriminer les immigrants post-coloniaux et leurs descendants français, pour sauver la République et ses "valeurs".; Huit auteurs pour décrypter ce discours à travers des questions faisant "problème" : immigration et délinquance par Laurent Mucchieli ; politisation de l'immigration par Saïd Bouamama ; laïcité par Joël Roman ; le voile par Nacira Guénif-Souilamas ; féminisme par Christine Delphy ; antisémitisme par Joëlle Marelli ; discriminations par Patrick Simon ; la posture médiatique par Eric Macé et Ahmed Boubeker.
Gare, bureau de poste, parc, grand magasin ou galerie marchande : un espace ouvert au public n'est pas seulement le lieu de possibles incivilités. Il est aussi un réservoir de civilité : la façon dont ses usagers- clients, employés, gestionnaires- l'occupent contribue à sa " qualité ", donc à sa sécurité. C'est ce qu'enseigne un dialogue inédit entre chercheurs et responsables d'espaces, commerciaux ou non, accueillant un large public. (Présentation de la revue)
Face au parti pris de dénoncer la diabolisation des jeunes des banlieues et de porter un regard critique sur la médiatisation de l'insécurité, cet article prend celui de reconnaître la place prise par les agressions et les dégradations dans les quartiers et de rendre compte des inquiétudes et des demandes de sécurité que les habitants expriment. (Résumé de la revue)
Il existe aujourd'hui un consensus sur "l'explosion de la violence chez les jeunes de banlieue" et sur le "laxisme de la justice" face à cette violence, ou du moins sur son "inadaptation" aux nouvelles générations de délinquants. Plutôt que de dénoncer au coup par coup les mesures brutales qui sont prises depuis plusieurs années au nom de ce discours, il vaut mieux prendre le problème à la racine et déconstruire ce qu'il faut bien appeler le mythe de l'insécurité . (résumé de la revue)
Une analyse comparée de quartiers " difficiles " de six villes d'Europe - d'Est comme de l'Ouest - ainsi que l'étude d'un projet particulier mené dans les quartiers espagnols de Naples révèlent que seul un effort coordonné de plusieurs intervenants et des approches novatrices et adaptées au contexte peuvent rendre à ces jeunes habitants une dignité et la capacité de se bâtir un projet de vie.
Ce texte propose une réflexion générale sur l'évolution des délinquances juvéniles dans la France contemporaine. Dans une première partie méthodologique, il discute d'abord la question des données statistiques mobilisables sur le sujet. Il interroge ensuite la catégorie « jeunes », indique qu'il existe une courbe par âge de la délinquance, situe ici l'usage de la notion de « carrière » délinquante et discute les éventuelles modifications intervenues à cet égard. Dans une seconde partie, le texte analyse les données quantitatives et qualitatives disponibles pour tenter de mesurer et d'interpréter le rôle de la jeunesse (à différents âges) dans quatre ensembles de pratiques délinquantes : les vols, les atteintes aux personnes, la délinquance routière et les principaux troubles à l'ordre public. Cet examen permet notamment de relativiser sérieusement la place des mineurs (voire de la jeunesse en général) dans ces pratiques et d'inviter à une réflexion générale sur leurs raisons sociales. (Résumé de la revue).
En découvrant les soubassements matériels et en démontant les ressorts de la " pensée unique sécuritaire " qui sévit aujourd'hui partout en Europe, et singulièrement en France, ce livre pointe les voies possibles d'une mobilisation civique visant à sortir du programme répressif qui conduit les élites politiques à se servir de la prison comme d'un aspirateur social chargé de faire disparaître les rebuts de la société de marché.
Le thème de l'insécurité intéresse l'ensemble de la population et au premier chef les responsables politiques. En effet, apporter une réponse concrète à la demande sociale de sécurité représente un enjeu électoral fort. Manuel Boucher décide de dépasser les querelles politiciennes en menant une enquête sociologique de terrain au sein d'une commune moyenne de tradition ouvrière afin d'étudier les questions d'insécurité dans un territoire en proie à la désindustrialisation: comment reconstituer un espace social en voie de dissociation sans pour autant sombrer dans "l'hystérie sécuritaire"?. (Présentation de l'éditeur)
Il n'y a pas de politique policière miracle à new York dont on pourrait tirer profit par les « recettes » qu'on y trouverait pour régler nos propres problèmes d'insécurité et de délinquance. En aucun cas, la mise en pratique de la célèbre théorie du « carreau cassé » de Wilson et kelling ne peut expliquer l'apparente fortune des résultats de la réforme du NYPD entreprise par Bratton sous le mandat de Giuliani. Un pan de cette théorie peut tout autant être utilisé à New York et Chicago quand il s'agit de saturer l'espace public par une présence policière dissuasive. Un autre peut l'être qui démontre que la mobilisation des habitants ou des communautés de la ville peut avoir autant d'effets bénéfiques à terme pour enrayer la spirale du déclin urbain, telle qu'on en trouvera l'expérience documentée pour Chicago dans le présent ouvrage. Si nulle part n'existe de solution miracle, de toutes parts en revanche l'imagination est au rendez-vous aux Etats-Unis pour fonder cette croyance qu'en expérimentant de vieilles ou de nouvelles solutions chez les acteurs institutionnels ou non - acteurs qui n'avaient pas l'habitude de changer leurs pratiques - il est possible de faire reculer la délinquance réelle et le sentiment d'insécurité subjectif. (4e de couverture)
Les jeunes issus de l'immigration constitutent-ils une population criminogène ? Les statistiques de la police ne prenant pas en compte l'origine des personnes interpellées, mais leur nationalité, la réponse nécessite une interprétation sociologique, qui est donnée ici.
Sujet d'actualité, sur lequel n'existe aucun consensus - quant à son ampleur, sa nature et ses remèdes : la protection des personnes contre les atteintes volontaires à leurs biens ou à leur intégrité physique. Didier Peyrat, vice-procureur de la République au Tribunal de Grande instance de Pontoise, à partir de sa pratique, amorce des propositions - notamment le retour du droit comme norme sociale, à travers l'enseignement, le développement d'une justice de proximité, grâce en particulier à une nouvelle justice de paix, et le travail de prévention.
Comment s'articulent les réponses éducatives ou sociales en direction des mineurs et les réponses relevant de la sanction ? Des professionnels en charge des politiques éducatives, de prévention ou de sécurité en Seine-Saint-Denis partagent leurs réflexions sur les acteurs, le fonctionnement du partenariat et tentent de "réinventer la réponse éducative".
Délinquance, violence, insécurité : les « banlieues » sont devenues le réceptacle de tous les maux de la société française. Comment en est-on arrivé là ? Quels sont les enjeux politiques et idéologiques d'une telle mise en scène des banlieues ? Quels effets engendre-t-elle sur le terrain ? Quelles réalités sociales conduit-elle à dissimuler ? S'appuyant sur une longue enquête menée dans les Hauts-de-Seine, l'auteur montre que la vie sociale dans les quartiers « difficiles » ne se résume pas à la délinquance. Parce qu'on assiste aujourd'hui à une criminalisation de fait des classes populaires, il était urgent de porter un autre regard sur ces espaces stigmatisés, de donner un aperçu des ressources disponibles, du fourmillement d'initiatives, des solidarités qui y sont à l'ouvre.; Banlieue