Depuis les premières lois de décentralisation de 1983, on constate l'implication croissante des collectivités locales dans le champs économique. Pourtant, il faut attendre la création des 44 premières zones franches urbaines en 1997 pour que la politique de la ville considère le volet économique autrement que sous le seul aspect de l'emploi. Quel type de développement économique mettre en oeuvre pour rendre attractifs les territoires en difficulté ? Quelles stratégies développer pour favoriser la relation entre le tissu économique local et la population active ?
Si les missions de la culture et celles de la politique de la ville se croisent sur un même enjeu : vivre ensemble dans la cité, il n'est pas évident d'établir un rapport entre social et culture. Pourtant, les professionnels du champs culturel ou du domaine social disent leur réel besoin de communiquer plus, mieux, dans l'objectif de travailler ensemble dans un respect mutuel, de reconnaissance réciproque et de compréhension des logiques professionnelles de chacun. A partir de ces constats, comment construire un langage commun ? La création peut-elle devenir lieu d'échanges ? Quelle est sa place dans la cité ? Comment transformer les pratiques ? Comment élaborer une politique territoriale de la culture ?
La référence à l'universalisme républicain s'est transformée en injonction de citoyenneté à l'encontre des victimes de la crise politique, économique et sociale des 30 dernières années. Issus des migrations de main d'ouvre post coloniales, ils ont été les principales victimes des politiques publiques qui, arguant de l' "aveuglement républicain", ont conduit à les priver des principales ressources sociales, politiques et économiques et à développer une politique de gestion du social fondée essentiellement sur la constitution illégale de catégories mélangeant du national, de l'ethnique et du "racial". (Résumé de la revue)
Les ateliers santé ville doivent relever plusieurs défis : établir un diagnostic de l'état de santé local des populations et développer des réponses adaptées ; recenser et analyser les ressources locales de santé ; promouvoir la participation des habitants aux actions de santé. A partir des spécificités de leur ville, des élus et des professionnels expliquent les raisons de leur engagement et les difficultés qu'ils rencontrent pour favoriser une démarche territoriale de santé publique.
Cette thèse analyse comment, au sein d'un configuration locale particulière, des mécanismes institutionnels contribuent au processus d'ethnicisation des rapports sociaux. Face à la dérégulation économique et à la marginalisation que celle-ci engendre, les métamorphoses des modes d'action de l'Etat et des communes "providence" encadrent les évolutions des relations interethniques. Dans ce mouvement, la "préférence locale" en direction des habitants de la commune est conçue pour donner accès aux ressources redistribuées localement aux demandeurs ayant des revenus faibles ou aléatoires. Elle permet également de contourner les discriminations racistes dans l'accès au logement social, aux loisirs et aux emplois municipaux sans avoir recours à une catégorisation ethnique des publics, illégale en France. Cependant, ce principe de justice transversal est empreint d'ambivalence. Si la qualité de "Montreuillois" peut s'acquérir par différents modes, elle s'ancre dans une généalogie et des traditions de résisistance réinventées, arrimées à l'identité nationale. Elle prend alors une acceptation restrictive. Ces reconstructions de l'histoire locale et nationale encadrent la mise à distance des ressortissants des anciennes colonies françaises et de leurs enfants et, plus largement, des précaires portant des signes de la différence ethnique ou "raciale" avec le groupe majoritaire. Pourtant, dans cette commune de l'ancienne banlieue rouge, la valorisation de l'identité montreuilloise permet de fonder une unité non plus sur une identité politique de classe mais sur une identité symbolique d'autochtone forgée autour d'un idéal de solidarité et d'antiracisme, à partir desquels se construisent des engagements de bénévoles et de militants. Elle ouvre des espaces de négociations et de dialogue pour les associations de migrants qui prennent appui sur cette possibilité pour investir les arènes politiques locales. (Résumé de l'auteur).
Cette étude porte sur les représentations et le vécu de la sexualité chez les adolescents en situation d'interculturalité dans la région parisienne. L'auteur compare trois populations géographiquement proches, mais socialement et culturellement distinctes: les élèves d'un lycée public aux origines culturelles diverses et appartenant aux couches moyennes et défavorisées; ceux d'un lycée professionnel, issus des classes moyennes; et ceux d'un lycée catholique privé, appartenant à un mileu aisé et qui sont majoritairement français. Les résultats obtenus montrent la plus grande vulnérabilité des élèves du lycée public, en raison de la mauvaise compréhension des méssages de prévention, dues entre syncrétismes culturels et à la précarité sociale. L'auteur a tenté d'évaluer l'influence des facteurs socioculturels sur la sociabilité, les relations amoureuses, les représentations de la sexualité et du sida, ainsi que sur les risques d'infection par le V.I.H. Le but de cette étude est d'affiner de manière qualitative les résultats obtenus dans l'enquête ACSJ. (Résumé de l'auteur)
Evolution de l'hôtel meublé dans le contexte historique. L'étude est basée sur un échantillon de 30 hôtes de Montreuil pour les années allant de 1896 à 1996.
Des Roms kalderash originaires de la Roumanie se sont installés à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) après la seconde guerre mondiale jusqu'aux années soixante-dix. Ce livre retrace leur sédentarisation, le passage des baraques au logement pavillonnaire et leur adaptation progressive aux évolutions socio-économiques de la ville. Cette période sans archives a été reconstituée à partir de divers témoignages.
Installation dans les années 70 d'une centaine de familles hmong dans le Maine-et-Loire. Reconstitution de lignées claniques dispersées par l'exil. Habitat HLM, reprenant les structures des villages laotiens, persistance du sens de la collectivité dans la vie quotidienne comme dans les cérémonies festives. Un témoignage personnel. (résumé de la revue)
Cet ouvrage éclaire une des dimensions de l'histoire juive, la dimension locale à travers trois monographies croisées : l'histoire de la condition juive des années 20 aux années 50 à Montreuil, Bagnolet et Vincennes. Si la période de l'Occupation avec son "arsenal discriminatoire et de persécution" en occupe le centre, l'époque d'avant-guerre est restituée à partir de documents écrits et de témoignages oraux. L'ouvrage est très documenté - plans, photos, extraits de documents officiels, et donne des informations sur la vie professionnelle et communautaire des Juifs de ces banlieues. L'auteur analyse les mesures prises à leur encontre, les formes de résistance et les conséquences de la shoah.
Traite du travail informel dans la ville et rend compte d'une enquête menée à Montreuil, Aulnay et dans le 10e arrondissement de Paris, commanditée par le Plan Urbain du ministère de l'Equipement. En quoi l'administration de la ville permet-elle de comprendre les turbulences actuelles de l'emploi et en quoi la tension portant sur l'emploi peut expliquer certaines transformations de la ville. Une analyse surprenante de la créativité de certains espaces considéréscomme marginaux. Exploration de la notion d'interstices urbains, ces espaces originaux qui diffèrent manifestement du reste de la ville par la concentration d'activités particulières et des formes d'emploi originales
La présente étude tente de rendre compte des gestions municipales de l'immigration, son objectif est de comprendre quelles sont les conséquences de la présence de populations d'origine étrangère sur l'activité des communes. Il s'agit en particulier de comprendre comment et pourquoi cette présence est, dans certains cas, définie comme problématique. L'enquête a porté sur sept sites d'observation : Amiens, Antony, Gennevilliers, Montpellier, Montreuil, Reichshoffen et Saint Denis.
Témoignage d'un jeune des banlieues dont la mère est française et le père malien, dont la famille a connu de nombreuses difficultés, qui a pourtant décidé de s'en sortir et est devenu animateur de quartier.
Cet article est centré sur les pratiques alimentaires de groupes familiaux hmong originaires du Laos, l'auteur restitue les matériaux collectés auprès de six familles pendant une semaine (82 repas) lors d'une enquête en milieu urbain français. Ces pratiques alimentaires s'organisent autour de plusieurs pôles culturels. Le pôle hmong relativement prédominant et stable avec la présence structurelle d'un équilibre "sauté" "bouilli, le riz et le piment comme éléments les plus récurrents, certains "légumes hmong" du potager et l'usage régulier de la cuillère. Le pôle asiatique pour les repas festifs avec des plats vietnamiens, laotiens ou chinois. Le pôle "moderniste" avec l'enrichissement en protéines, la commensalité mixte et l'apparition de certains comportements alimentaires individualistes. Ces pratiques illustrent ainsi certaines tendances de la culture matérielle contemporaine marquée par le polycentrisme (plusieurs sources culturelles) et les syncrétismes (mélange accidentel ou construit de ces sources).
Entre 1940 et 1945, sont internés dans un camp situé à Montreuil-Bellay des républicains espagnols, des clochards, des civils mais surtout des Tsiganes, dans des conditions particulièrement difficiles. L'auteur a recueilli le témoignage de certains survivants, internés ou habitants du village, afin de préserver la mémoire de ce lieu.