Pour la première fois en France, le Parlement s'est engagé dans le domaine reservé de la politique africaine en promettant de faire la lumière sur le génocide au Rwanda. Le rapport de la mission Quilès a toutefois soulevé des interrogations quant à la portée réelle de cette innovation. Si les incohérences de la politique de la France étaient mises en évidence, les véritables responsabilités politiques et militaires n'étaient-elles pas éludées ? La mission d'information française aurait-elle été plus frileuse que la commission d'enquête du Sénat belge ? Les trois auteurs de cet article s'engage dans le débat.
Les violences dans le Kivu montagneux (Rwanda, Burundi, Zaïre en partie)ne reposent pas sur un socle purement identitaire. Il faut y associer une démographie galopante, le gonflement des classes d'âge jeunes, la prolifération des milices. Elles indiquent, comme dans d'autres pays africains, un nouveau mode de production du politique, celui des "seigneurs de la guerre". L'ethnicité doit être lue dans le cadre de la modernité, qui a pour conséquence dans cette région une rarification des richesses, en particulier de la terre. L'engagement dans les bandes armées correspond à une exclusion de cette modernité. Paradoxalement, c'est le processus de "démocratisation" des régimes au Nord-Kivu qui a déclenché les violences identitaires, dans un cadre politique traditionnel de factions. La seconde partie de l'ouvrage envisage les possibilité d'intervention internationale et de gestion de ce type de crises.