Analyse des dynamiques et des stratégies migratoires de ceux qui, en précurseurs ou en accompagnateurs, participent à la recomposition de l'Europe.
La Hongrie, la Pologne, la République Tchèque et la Slovaquie sont à la fois des pays d'émigration et des pays d'immigration pour des réfugiés, des clandestins ou des travailleurs temporaires en provenance de Roumanie ou de la Communauté d'Etats Indépendants. Les changements survenus dans les années 1989 et 1990 en Europe (fin du communisme, ouverture des frontières) a modifié le rôle que devront jouer ces pays d'Europe Centrale. Cependant, l'exode attendu n'a pas eu lieu et les caractéristiques quantitatives et qualitatives (migration alternante, fuite des cerveaux) des migrations d'avant 1989 ne semblent pas avoir évolué sauf en ce qui concerne les commerçants ambulants et les demandeurs d'asile.
Cette étude s'appuie sur une enquête effectuée entre 1986 et 1988 auprès des ouvriers étrangers de 79 entreprises de l'industrie manufacturière en Allemagne (Berlin), et entre 1990 et 1991 dans 40 entreprises du même secteur au Canada (Toronto). L'objectif est d'étudier la gestion du personnel dans le cadre d'une main-d'oeuvre multiethnique et multiraciale, avec une attention particulière portée à la discrimination vis-à-vis des non-citoyens et des non-blancs. L'auteur essaie de déterminer la perception des employeurs, des représentants syndicaux et des travailleurs concernant les problèmes qui peuvent exister dans les relations interethniques sur le lieu de travail, et déceler les formes de discrimination cachée, pour proposer des orientations aidant à leur résolution.
L'auteur propose un cadre théorique différent de celui de l'analyse spatiale de la migration internationale. Il considère les migrations internationales comme un système global, articulé, de fourniture de main-d'oeuvre dont les éléments de base sont les ménages. Le migrant est un être humain donnant une signification à sa migration en évaluant les occasions qui lui sont données d'émigrer selon une stratégie migratoire définie. Cette théorie s'appuie sur une étude empirique effectuée auprès des agriculteurs égyptiens qui émigrent vers les pays du Golfe Arabo-Persique.
L'auteur présente un discours original sur les thèmes de la politique d'immigration, de la citoyenneté et du statut social des immigrés dans les pays industrialisés. L'existence de ces systèmes politiques en tant qu'Etat-nation et en tant qu'Etat-providence implique certains modes de légitimation dans la distribution publique des prestations sociales. L'auteur analyse le fait que l'immigration peut aussi être considérée comme un avantage social dont la distribution est régulée par des autorisations publiques et par des contrôles de l'Etat.
Selon l'auteur, qui s'appuie sur la littérature existant en la matière, les analyses qui étudient la position de groupes raciaux ou ethniques ou des femmes sur le marché du travail ne tiennent pas compte des interactions qui existent entre les divisions sociales que sont la race, l'ethnicité et le sexe. L'auteur examine ensuite la position des hommes et des femmes issus de minorités ethniques face au marché du travail au Royaume-Uni, à la suite de quoi sont discutés, de façon exploratoire, quelques thèmes relatifs à l'hétérogénéité du marché du travail.
L'auteur s'appuie sur une approche systémique des migrations et analyse en quoi le commerce international, en particulier l'investissement étranger direct et l'entreprise multinationale, a un lien avec le flux migratoire. Ce modèle est appliqué aux Etats-Unis, puis au Japon et permet de donner une explication sur la nature de l'immigration clandestine, dont une des causes serait la précarisation du marché du travail dans le pays d'accueil, et sur l'échec des mesures mises en oeuvre pour la combattre.
Il existe deux formes principales de migration féminine : regroupement familial et migration économique. Cet article présente le cas atypique des femmes des Philippines, employée de maison en Italie, et qui furent à l'origine des migrations de leur pays. Le marché du travail en Italie pousse à une spécialisation ethnique et les femmes philippines ont un profil particulier en matière d'éducation, d'emploi occupé, de par leur projet migratoire et le rôle qu'elles jouent dans la vie associative. Elles sont néanmoins victimes de discriminations raciale et sexiste.
Les auteurs confrontent l'historique des arguments politiques et stratégiques en ce qui concerne la nationalité et le droit de l'immigration en Allemagne et au Royaume-Uni. Ils démontrent que la notion de nation peut être structurée par des définitions sociales. Ils soutiennent que le changement culturel dans ce contexte est construit idéologiquement comme une menace à l'identité nationale et que les contradictions dans les discours sur les migrations contribuent à une escalade du racisme.
L'auteur propose une conceptualisation plus complexe de la situation culturelle et économique des femmes asiatiques du sous-continent indien au Royaume-Uni, que celle véhiculée par la littérature classique et par les médias qui les présentent comme des femmes victimes et exploitées et qui vivent sous le joug de leur bagage culturel. L'auteur étudie leur parcours migratoire, leur situation socio-professionnelle, la région où elles vivent, leur relation à la tradition de la dot, pour remettre en cause le clivage migrants-nationaux.
En mettant l'accent sur la participation politique comme facteur décisif d'intégration, l'auteur a tenté d'analyser les interférences entre la culture et la politique dans ce processus, en définissant les acteurs, en observant les stratégies de visibilité, la professionnalisation dans l'espace urbain public et les formes d'allégeance à la France des immigrés maghrébins et des franco-maghrébins.
Selon l'auteur le processus migratoire peut être considéré comme un catalyseur des mécanismes économiques, sociaux et politiques à travers lesquels une société fonctionne, et comme un révélateur des changements sociaux. L'étude empirique réalisée sur Berlin Est aborde les aspects suivants : l'étendue, la structure et les causes des migrations, individuelles ou non, concernant la migration interne dans Berlin Est entre 1976 et 1988; les migrations unidirectionnelles entre 1989 et 1990; les conséquences de la réunification de l'Allemagne sur ce flux migratoire.
Après une présentation comparative de l'historique des migrations d'Asiatiques vers le Canada et au Royaume-Uni, les auteurs identifient les facteurs socio-économiques qui, à l'inverse de la situation britannique, favorisent l'installation de commerçants Asiatiques au Canada. Les auteurs analysent ensuite quelle est l'influence de la structure de l'espace urbain sur l'installation de petit commerce. A la lumière de ces données, ils réalisent une comparaison des caractéristiques des commerces ethniques au Canada et en Grande-Bretagne en mettant l'accent sur les différences existant entre les commerces installés au sein de quartiers ethniques et ceux éparpillés dans le pays.
Les auteurs présentent la situation des Allemands rapatriés au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale : leur intégration en Allemagne, la discrimination réelle opposée à l'image colportée par la population et le gouvernement, le rôle de réserve de main-d'oeuvre qu'ils ont joué dans la reconstruction. De la même façon, à partir de la moitié des années 50, la RFA a recours à la main-d'oeuvre étrangère. Les auteurs énumèrent les conséquences économiques et sociales d'une telle politique et expliquent en quoi les accords bilatéraux signés récemment entre l'Allemagne et les pays d'Europe Centrale et d'Europe de l'Est sont la preuve qu'il n'y a pas eu d'apprentissage collectif des deux expériences précédentes.