L'auteur expose les problèmes et les perspectives de l'immigration en Italie à partir de 1973, lorsque, pour la première fois, le solde migratoire s'est trouvé être positif. Le sociologue s'interroge également sur le terme "extra-communautaire" employé en Italie à la place du mot immigré. "Extra-communautaire" exprime une prise de distance envers ceux qui ne sont pas ressortissants de la communauté européenne. Les nationaux qui utilisent ce terme-ci révèlent une certaine évidence sociologique et politique, à savoir le différent statut juridique qui caractérise les étrangers (mais pas les Américains) par rapport aux Italiens et aux autres citoyens de l'Union Européenne. L'Italie, devenue récemment un pays d'immigration, a payé le prix d'un changement imprévu mais significatif. Ce changement a engendré le mécontentement d'une grande partie de la population, des réactions souvent violentes qui tendent vers le racisme et la xénophobie. D'après l'auteur, une société multiculturelle peut se mettre en place si elle est basée sur l'intégration sociale et sur l'ordre publique à condition que la liberté de chacun soit un pivot de liberté pour tout le monde.
Après une présentation statistique de la population étrangère, l'auteur examine les politiques migratoires de certains pays européens. Il distingue trois modèles d'"intégration" : l'universalisme assimilationniste du projet français; le relativisme particulariste du projet britannique et les contradictions du projet allemand orienté vers un système d'immigration temporaire.