L'article retrace brièvement l'histoire de l'immigration en Belgique de 1847 à 1974 et fait état des réglementations successives la concernant. L'auteur fait apparaître avant l'arrêt, le 1er août 1974, de l'immigration, le déficit d'une politique cohérente en la matière.
Depuis la signature du Traité de Rome, la construction européenne a un effet croissant dans certains aspects politiques migratoires des Etats membres de l'Union. Le processus de suppression des frontières intérieures à l'espace européen et la libre circulation des citoyens européens ont induit une convergence européenne des législations nationales d'immigration, portant davantage sur la gestion des flux migratoires que sur les politiques d'intégration. C'est à partir de l'extension des droits des ressortissants de l'Union que se construisent au niveau européen des règles communes concernant les ressortissants des pays tiers résidant dans l'espace européen et les conditions d'accès à ce même territoire de nouveaux arrivants. La construction européenne a ainsi restreint le débat sur l'immigration et les politiques migratoires aux situations rencontrées par les ressortissants extra-communautaires.
Cet article fait la synthèse de l'évolution de la politique d'immigration et d'insertion sur le marché du travail des travailleurs migrants en Belgique : arrêt de l'immigration et lutte contre le travail clandestin dans les années 70; politique de retour et restrictions à l'immigration dans les années 80. Cependant, selon l'auteur, les discriminations et l'inégalité de traitement visant les travailleurs migrants et leurs enfants persistent toujours, malgré l'existence de mesures pour les enrayer.
Quelle a été la politique de la Communauté française en matière d'insertion sociale et de promotion de l'expression et de la diversité culturelle en faveur des populations étrangères ? L'auteur tente de répondre à la question en examinant le contexte socio-politique, l'action de soutien aux associations ainsi que l'émergence d'une expression culturelle autonome.
Cet ouvrage commence par une esquisse historique sur les politiques d'immigration en Belgique avant 1974 et la décision, depuis cette date, d'arrêt de recrutement de la main-d'oeuvre étrangère. Il évoque également la montée de la crise, du chômage, l'installation des immigrés et la naissance de nouvelles générations comme autant de questions posées à la société belge. Peut-on parler d'une politique d'immigration, ou de politiques d'intégration, d'assimilation ? Les auteurs constatent un déficit : dans le domaine des droits politiques, une non citoyenneté; dans celui du travail, l'échec de l'égalité des chances; aux plans culturel, religieux et scolaire, l'insuccès d'une stratégie d'intégration, voire le refus de prendre l'autre en compte.
L'article décrit la situation de l'islam belge en se focalisant sur la dimension institutionnelle et sur le point de vue de l'Etat. Les auteurs soulignent les ambiguïtés et les impasses des décisions réglementaires, depuis le début des années 60, concernant la reconnaissance d'un islam belge et sa représentativité par des organisations musulmanes.
L'auteur retrace l'histoire de l'action des syndicats belges à l'égard des travailleurs étrangers. Après avoir adopté une double attitude jusque dans les années 70 - défense des droits des travailleurs étrangers mais aussi participation aux discussions sur la maîtrise des flux d'immigrants - les syndicats belges prennent position pour réclamer une politique d'immigration cohérente et investissent le terrain de la lutte contre le racisme et l'extrême-droite. L'auteur fait état également de l'intégration des immigrés dans le mouvement syndical.
L'auteur montre comment la politique d'intégration en Belgique cristallisée par la loi GOL, votée en 1984, se constitue en réaction aux revendications de droits civils et politiques pour les immigrés. Portées, dès la fin des années soixante, par des organisations syndicales, des associations belges et immigrées, ces revendications sont également soutenues par des individualités politiques. Aux revendications d'une intégration collective par l'octroi du droit de vote et d'éligibilité va s'opposer une solution d'intégration individuelle par la voie de la naturalisation. Si les partis politiques prennent, à partir de 1984, l'initiative de mettre l'immigration à l'agenda politique, cela s'effectue toujours sous la pression soit d'élus de droite, soit des partis d'extrême-droite.
La Belgique n'a pas une histoire du droit électoral très linéaire. Du suffrage censitaire établi par la Constitution de 1831, au suffrage dit universel (1919) pour les hommes de plus de 21 ans et au suffrage pur et simple incluant les femmes (1948), les débats ont été houleux et contrastés. Les arguments pour refuser ce droit, l'accorder à certains, ont varié. Les concepts de nationalité et de citoyenneté évoluent aussi et se chargent de sens différents au gré des circonstances et des opportunités politiques. L'auteur retrace ce parcours de 1830 à nos jours et donne une nouvelle approche de la citoyenneté non limitée à la nationalité.
Cet article examine l'évolution des formes principales de participation politique des populations d'origine immigrée au cours des 20-25 dernières années en Belgique. L'auteur interroge d'abord la thèse de la passivité politique des immigrés et lui préfère la thèse alternative qui met l'accent sur la structure des opportunités politiques offerte par le système politique. Il donne également un aperçu historique de la participation politique des travailleurs immigrés et de leurs descendants. Il retrace ensuite l'évolution récente en proposant une typologie des formes de participation politique reposant sur un critère de localisation géographique de l'action politique et sur une distinction entre action politique étatique et action politique non-étatique. L'auteur avance, enfin, quelques réflexions prospectives sur la participation politique et l'incorporation politique dans la société belge.
Quelle place ont occupée les questions liées à l'enseignement dans la politique de l'immigration ? L'auteur examine les rôles joués par le Ministère de l'Education belge, par la Communauté européenne, des pays d'origine s'exprimant par leurs ambassades et enfin celui des organisations formées par les migrants eux-mêmes.
Surmédiatisation ou silence, dramatisation ou neutralité, les relations entre médias et migrants évoluent continuellement entre ces pôles. L'article brosse une synthèse de 1974 à nos jours et analyse la perception du phénomène de l'immigration par la presse écrite belge d'expression française.
L'examen de la répartition géographique des populations immigrées, depuis 1974, s'articule sur les différentes échelles spatiales et reflète l'histoire de leur insertion dans la société belge. Les répartitions spatiales et leurs évolutions sont également tributaires des changements démographiques. Les auteurs analysent d'abord les répartitions à l'échelle régionale, principalement dépendantes des évolutions sur le marché du travail. Ils traitent ensuite des répartitions intra-urbaines, canalisées par le marché du logement. Ils considèrent enfin les changements dans les quartiers immigrés et leur signification pour l'avenir de leurs habitants.