A partir de l'histoire de l'anthropologie, cet essai met en perspective les notions d'identité et de nation, en se réferant à des exemples fictifs du passé tel que le pur Celte de Padanie en Italie, l'Hindou-hidouiste à racines védiques dans l'Inde contemporaine, le Japonais né de la terre des dieux avec une volonté d'être autochtone, etc.
L'identité nationale a désormais, en France, son ministère. Dans plusieurs pays, en Europe et ailleurs, on célèbre de nouveau la nation, ses racines et sa grandeur supposée. Comment s'agence une telle mythologie ? De quelle manière s'y combinent culte des morts, exaltation de soi, mépris des autres ? Et quelle part prennent donc, dans cette construction, les historiens du national ? (extrait de la quatrième de couverture).
Pour faire une Nation, il faut des cimetières et un enseignement d'histoire. En inventant le slogan "la Terre et les Morts", en 1899, Maurice Barrès pensait aux historiens. Le Français raciné d'hier n'a pas à envier le Français de souche d'aujourd'hui. D'étranges "mythidéologies" surgissent, disparaissent et ne cessent de réapparaître : être de sang clair et épuré pour la noblesse française du XVIIe siècle; naître impur à Thèbes, dans le pays de Cadmos et d'Oedipe. La Terre et les Morts, le Sol et le Sang. Comment peut-on écrire une histoire nationale? Voilà une des questions que fait se lever une approche comparative entre sociétés d'hier et d'autres très contemporaines. (4e de couverture)
Sur la position des sciences sociales et en particulier de l'anthropologie et de l'histoire face au comparatisme. Si l'objectif de l'anthropologie est l'analyse des différentes sociétés et leur mise en perspective, l'histoire s'est constituée comme science, en même temps que son objet, la nation. Si chaque nation est jalouse de ses origines, elle ne souffre aucune comparaison de son passé avec un autre, le passé ne servant qu'à révéler le présent. Un démenti à ce principe de l'incommensurable est apporté par l'analyse comparée des pratiques d'assemblée qui dessinent un lieu du politique dans les cités grecques, en Ethiopie et chez les Cosaques du XVe siècle