Qu'est-ce que l'immigration irrégulière et comment la définit-on ? Pourquoi persiste-t-elle, se reproduit-elle et se révèle-t-elle si difficile à éradiquer ? Pourquoi les mesures de régularisation s'avèrent-elles à leur tour récurrentes et difficilement évitables ? Trois questions auxquelles l'auteur tente de répondre.
Cet article s'intéresse à la demande de main-d'oeuvre féminine, en Italie et plus généralement en Europe méridionale. Il aborde la façon dont les mères séparées de leurs enfants à cause de l'émigration s'efforcent de continuer à exercer leurs devoirs maternels, malgré les frontières et les distances...
On a souvent parlé au cours des dernières années d'un modèle méditerranéen d'immigration, par opposition au modèle migratoire de l'Europe du Nord : dans celui-ci l'immigration serait régulière, réglementée, les migrants étant insérés dans l'économie officiele et pourvus des droits sociaux, tandis que dans le premier modèle il s'agirait d'une immigration irrégulière, les migrants étant insérés dans l'économie informelle, sans protection sociale ni droits sociaux.; Cette analyse a pour but de montrer que l'immigration en Europe du Sud n'est pas homogène, et que même à l'intérieur de la seule Italie on peut constater plusieurs formes d'immigration. Sur la base d'une recherche menée à Milan et en Lombardie, l'auteur s'efforce de décrire dans la deuxième partie de cet article l'un des cas les plus importants d'utilisation de la main-d'oeuvre immigrée en Italie, celui de l'aide à domicile aux personnes âgées.
Dossier sur le marché du travail pour les immigrés : discriminations à l'embauche, statuts précaires, compétences dévaluées.
Révision et mise à jour des cadres statistiques. Intégration des migrants en Europe et en Italie. La réforme des politiques migratoires. Polices pour le contrôle de l'immigration. Insertion professionnelle. Déviance et victimisation.
L'auteur aborde le thème de l'insertion des immigrés dans le tissus productif de la Lombardie face à la situation économique italienne. Il utilise des données statistiques fournies par le ministère de l'Intérieur et relatives à la présence des étrangers en France. D'après ce chercheur, l'approche qualitative sert à ne pas réduire les immigrés à un groupe amorphe composé d'individus identiques et additionnables. Sans aucun doute, l'immigration étrangère en Italie n'a pas été prévue ni sollicitée par le système économique. C'est seulement à partir de 1987 que la loi a défini la figure juridique de l'immigré étranger. L'immigration dont il s'agit est essentiellement spontanée, peu encadrée par la grande industrie et par les pouvoirs publics, peu protégée par les programmes de politique sociale. Les immigrés arrivent malgré tout à trouver leur place dans les interstices du marché du travail grâce aux réseaux d'information et de solidarité développés par les communautés nationales présentes.
A partir de l'hypothèse de l'agenda-setting, selon laquelle un certain événement est amplifié dans sa portée sociale lorsqu'il est traité par les médias, l'auteur a travaillé sur les procès d'élaboration et de représentation du phénomène migratoire et des relations interethniques dans la presse quotidienne lombarde. Il met en relief le rôle des médias qui participent à la construction sociale de la réalité en concomitance avec d'autres facteurs et d'autres sources de connaissance, et, en premier lieu, le patrimoine culturel et les expériences des individus. La recherche menée par l'auteur, tend à vérifier si, face à la montée d'une société multiethnique en Lombardie, les nouvelles que l'on apprend par les quotidiens ont rendu compte de la complexité du fait migratoire. Il propose également de possibles clés de lecture et d'interprétation, en particulier en ce qui concerne le malaise social, les politiques sociales, le travail, le racisme et la solidarité.
On assiste dernièrement en Italie à une sorte de guerre concernant la dimension du fait migratoire et la formulation d'hypothèses de quantification. Ces approches du phénomène migratoire sont nécessaires, mais, elles sous-entendent trop souvent la notion de "seuil de tolérance". Il s'agit d'un vieux concept positiviste qui a été mis à mal dans la mesure où l'on n'a pas pu démontrer qu'il n'y avait correspondance directe entre la montée d'un conflit ethnique et la présence d'un quota de populations étrangères. Le concept de "seuil de tolérance" peut, éventuellement signaler un phénomène de rupture entre groupes sociaux différents. Phénomène qui peut être déclenché par la présence d'un groupe immigré, en concomitance avec des facteurs qui ne concernent pas directement les dernières arrivées.
Conformément aux pouvoirs attribués par les lois italiennes, l'intervention de l'administration régionale couvre plusieurs champs. Parmi ceux-là, citons la démarche du fait migratoire du point de vue démographique, social et culturel ; la promotion d'une activité de recherche intensive, apte à comprendre les dynamiques et l'évolution de l'immigration et à intervenir sur le plan de la politique sociale. Citons encore l'observation du marché du travail, spécialement en ce qui concerne la demande et l'offre des travailleurs immigrés ; la promotion des initiatives culturelles, en particulier, l'enseignement de la langue italienne ou la définition des typologies des services publics. Citons enfin la vérification des projets de premier accueil présentés par des organisations publiques et privées ; l'emploi des crédits affectés pour la réalisation des initiatives régionales. Une analyse attentive montre bien que l'immigration étrangère ne peut être abordée dans le cadre d'un seul secteur des politiques sociales, mais, plutôt par le biais de services spécialisés et bien ciblés.
L'auteur s'est efforcé d'analyser le fait migratoire du point de vue des parcours et des représentations des immigrés. La recherche aborde de nombreuses questions concernant les dynamiques de vie des travailleurs migrants. Notons parmi celles-ci le choix du lieu de travail (Bergame), la recherche d'emploi et de logement, l'insertion dans le monde du travail, les chances d'améliorer son statut de travailleur. Notons également des questions telles que les aspirations et les trajectoires migratoires, les attitudes envers le travail, les organisations syndicales et l'administration publique.